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Feuillage automne 2022 au Québec : journal d'un road trip

Feuillage automne 2022 au Québec : journal d'un road trip

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Pourquoi nous sommes partis en octobre et ce qu’on espérait

Mon partenaire et moi avons quitté Montréal un samedi de fin septembre 2022 avec une Subaru Forester de location, un itinéraire vague, deux changes de vêtements, et un désaccord quant à savoir si nous avions besoin d’en apporter un troisième. (On en avait besoin.) Le plan était de conduire vers le nord dans les Laurentides, puis vers le nord-est à travers Charlevoix, et enfin jusqu’à Tadoussac sur la Côte-Nord — un itinéraire d’environ 700 kilomètres qui prendrait huit jours, suivant le pic des couleurs d’automne au fur et à mesure qu’il se déplaçait des montagnes vers la côte.

J’avais fait ce parcours avant, en 2019, mais jamais spécifiquement pour le feuillage. Le timing semblait juste : les feuilles dans les Laurentides atteignent généralement leur pic dans la dernière semaine de septembre, Charlevoix culmine début à mi-octobre, et Tadoussac — plus au nord et exposé au froid de l’estuaire — évolue un peu plus tôt, généralement dans les dix derniers jours de septembre. En partant fin septembre, nous espérions attraper les Laurentides à leur pic ou juste après, Charlevoix à son début de pic, et Tadoussac dans ses derniers jours.

C’est plus ou moins ce qui s’est passé, avec une erreur de calcul que j’expliquerai.

Jours 1-2 : Montréal à Mont-Tremblant

Nous avons conduit vers le nord sur l’autoroute 15 en direction de Saint-Sauveur, puis pris les routes secondaires à travers le couloir des villages de ski — Sainte-Adèle, Sainte-Agathe-des-Monts — avant d’atteindre Mont-Tremblant en fin d’après-midi du samedi. Les couleurs dans les basses Laurentides étaient déjà à leur plein pic : des érables en orange acide et cramoisi, des peupliers en jaune lumineux, l’occasional bouleau blanc avec son écorce se détachant contre les couleurs comme un coup de pinceau. Nous nous sommes arrêtés trois fois pour photographier avant d’atteindre le village, ce qui n’arrive jamais en juillet.

Mont-Tremblant fin septembre est en saison intermédiaire — les activités estivales sont pour la plupart terminées, la saison de ski n’a pas encore commencé, et le village-resort est plus calme qu’à tout autre moment. C’était exactement ce qu’il nous fallait : nous avions les sentiers de randonnée essentiellement pour nous seuls, les restaurants avaient des tables sans réservation, et les prix étaient nettement inférieurs aux pics hivernal ou estival.

Nous avons randonné le sentier La Corniche le dimanche matin, un circuit modéré de 10 kilomètres avec des vues depuis la crête au-dessus du village. La couleur depuis les hauteurs était extraordinaire — la vallée en dessous était une mosaïque d’orange, de rouge et de jaune, avec le bleu du lac Tremblant visible dans les espaces entre les sommets. Nous avons pris trop de photos et sommes revenus au départ du sentier à midi, les joues rouges et sentant la forêt automnale.

Pour les couleurs d’automne autour de Montréal et des Laurentides, il existe également une excursion organisée d’une journée qui couvre les points forts :

Laurentian Mountains Fall Leaves Day Trip

Jours 3-4 : Charlevoix — le pic qu’on espérait

Nous avons conduit vers l’est sur la Route 138 à travers Sainte-Jovite puis emprunté la route de Charlevoix, arrivant à Baie-Saint-Paul le mardi après-midi. Baie-Saint-Paul début octobre est l’un des plus beaux petits villages que j’aie visités en toute saison — elle est nichée dans un cirque de collines où la rivière du Gouffre rencontre la plaine, et les collines derrière le village étaient, ce mardi-là, aux couleurs absolument maximales. Je ne suis pas enclin à l’hyperbole sur les paysages, mais cette vue spécifique — les collines peintes au-dessus des maisons blanches et grises de Baie-Saint-Paul, avec le Saint-Laurent visible à travers la vallée — était la plus belle chose que j’ai vue sur tout le voyage.

Nous avons séjourné deux nuits à l’Auberge La Muse, une petite auberge de douze chambres dans une rue tranquille près du centre-ville. Les chambres sont modestes mais le petit-déjeuner ne l’est pas — fromage local, pain frais, saumon mariné à l’érable, confitures des fermes environnantes. La propriétaire, une femme qui gérait l’endroit depuis vingt ans, nous a donné une carte dessinée à la main des routes de campagne qu’elle pensait que nous devrions emprunter. Nous l’avons suivie exactement le quatrième jour et avons traversé des villages aux noms comme Saint-Urbain et Sainte-Agnès, sur des routes où la canopée d’arbres au-dessus de nous était si dense de couleurs que conduire donnait l’impression de traverser un tunnel de feu.

Le paysage de Charlevoix est composé de collines créées par l’impact d’une météorite il y a environ 350 millions d’années — le cratère d’impact a environ 54 kilomètres de diamètre et est responsable de la topographie particulière en forme de bol. Je trouve que cela rend le paysage plus intéressant à regarder plutôt que moins. Cela explique la qualité spécifique des collines : douces mais dramatiques, sans les angles aigus des montagnes plus jeunes.

Jour 5 : le mauvais timing à Tadoussac

Voici l’erreur de calcul. Nous avons conduit de Baie-Saint-Paul à Tadoussac le jeudi, traversant le Saguenay sur le traversier à Baie-Sainte-Catherine. Nous sommes arrivés en espérant des couleurs de fin de saison ; nous avons trouvé surtout des arbres dénudés. La Côte-Nord à Tadoussac avance d’environ deux semaines sur Charlevoix, ce qui signifie que le pic était déjà passé, et ce qui restait était la beauté dépouillée et brun-gris du début de l’hiver plutôt que la fête des couleurs qu’on avait eue à Charlevoix.

C’était mon erreur de timing. L’information existe si on la cherche : le feuillage à Charlevoix culmine grosso modo du 1er au 15 octobre ; à Tadoussac et sur la Côte-Nord, du 20 au 30 septembre. Nous sommes arrivés à Tadoussac le 6 octobre, et nous étions trop tard.

Je veux documenter cela parce que pratiquement tous les guides de feuillage en ligne traitent le Québec comme une seule zone de couleurs avec un seul pic, ce qui est faux. La province est énorme et le timing varie significativement du sud au nord et de la vallée à la côte. Les Laurentides partent en premier (fin septembre), puis Charlevoix (début à mi-octobre), puis les Cantons-de-l’Est (mi-octobre). Tadoussac est tôt, pas tard.

Ce que Tadoussac avait bien, en fin de saison, c’était le silence et la solitude. Les bateaux d’observation des baleines avaient pour la plupart arrêté pour la saison (les dernières croisières s’arrêtent à mi-octobre), et l’infrastructure touristique se repliait. Nous avions le belvédère de Pointe-Noire essentiellement pour nous seuls. Pas de baleines visibles, mais une famille de phoques communs tirés sur un rocher près de la rive, ce qui était une consolation inattendue. L’Hôtel Tadoussac servait le dîner à une poignée de clients plutôt qu’aux foules estivales, et la nourriture — poisson local, fromage de Charlevoix, une carte des vins plus axée sur les producteurs québécois et français qu’en été — était excellente.

Ce qu’on ferait différemment

Plus tôt. Si nous devions refaire ce voyage spécifiquement pour le feuillage, nous partirions de Montréal le 20 septembre plutôt que fin septembre. Cela nous donnerait les Laurentides au début du pic (22-26 septembre), Charlevoix au début du pic (27 septembre-2 octobre), et Tadoussac au pic véritable (25-30 septembre environ). Les dates varient d’une année à l’autre selon les températures — un mois d’août froid accélère le calendrier, un septembre chaud le retarde.

L’itinéraire de feuillage d’automne 7 jours que j’ai écrit sur la base de ce voyage tient compte du timing par région et recommande de partir de Montréal dans la troisième semaine de septembre. La page destination Charlevoix couvre en détail où séjourner et quoi faire dans cette région. Et Tadoussac — même hors saison — vaut toujours le détour.