Lac-Saint-Jean
Lac-Saint-Jean : mer intérieure du nord québécois. Val-Jalbert village fantôme, bleuets sauvages, circuit Vélo-Cité et la traversée légendaire.
Mis a jour le:
Quick facts
- Distance de Saguenay (Chicoutimi)
- ~50 km à l'ouest jusqu'à Alma, ~45 min
- Dimensions du lac
- ~32 km de large, superficie 1 053 km²
- Circuit cyclable
- Vélo-Cité du Lac-Saint-Jean : boucle de 256 km
- Saison des bleuets
- Fin juillet à fin août
- Val-Jalbert
- Village fantôme avec chute de 72 m, chute Ouiatchouan
Une mer intérieure dans le nord boréal
Le Lac-Saint-Jean est l’une de ces réalités géographiques qui surprend même ceux qui connaissent raisonnablement bien le Québec. Avec une superficie de 1 053 km² et une largeur de 32 km, c’est moins un lac au sens récréatif qu’une mer intérieure : debout sur son rivage par temps nuageux avec la rive opposée invisible, l’expérience est celle d’une eau ouverte s’étendant jusqu’à l’horizon dans une province enclavée. Le lac se déverse à l’est dans la rivière Saguenay, créant le système fluvial qui devient finalement le fjord du Saguenay.
Le bassin est cerclé de terres agricoles — plates, défrichées, productives — qui contrastent avec la forêt boréale des hautes terres environnantes. La combinaison du lac, des terres agricoles et de la forêt, avec plusieurs rivières entrant dans le lac par des gorges et des chutes, a créé un paysage spécifique que les habitants de la région appellent pays des bleuetières. La bleuetière sauvage pousse dans les sols sablonneux autour du lac à une échelle qui fait de la région la plus grande zone de production de bleuets au Québec et l’une des plus grandes au Canada.
Val-Jalbert : le village fantôme
Val-Jalbert est l’un des sites les plus historiquement significatifs et visuellement frappants de la région Saguenay–Lac-Saint-Jean. C’est une ville de compagnie construite en 1901 pour loger les ouvriers d’une usine de pâte à papier au pied des chutes Ouiatchouan, exploitée en continu jusqu’en 1927 quand l’usine a fermé, puis simplement abandonnée — laissée avec ses rues, ses maisons, son école, son couvent et son magasin général intacts mais inoccupés. Le site a été acquis par la province dans les années 1980 et est maintenant un village du patrimoine ouvert aux visiteurs de fin mai à octobre.
Ce qui rend Val-Jalbert convaincant est précisément l’état d’abandon : les bâtiments sont préservés (pas entièrement restaurés) dans un état qui se lit comme véritablement historique plutôt que comme une reproduction de parc thématique. Les logements de la compagnie dans les rues en pente, le couvent-école et les ruines de l’usine au pied des chutes communiquent la montée et la chute de l’extraction industrielle des ressources au Québec avec plus d’immédiateté que n’importe quelle exposition muséale.
Les chutes Ouiatchouan elles-mêmes font 72 m de haut — plus hautes que les chutes Montmorency près de Québec — et s’écoulent à plein débit au printemps et au début de l’été, avec un téléphérique jusqu’au bord de la falaise au-dessus. L’entrée à Val-Jalbert coûte environ 22 à 28 CAD par adulte.
La Traversée du Lac-Saint-Jean
La Traversée du lac est une course de natation en eau libre à travers le lac, organisée annuellement à la fin juillet depuis 1955. Les participants nagent environ 32 km à travers le lac en étapes sur trois jours. C’est l’une des grandes traditions sportives vernaculaires de la région — pas célèbre internationalement mais profondément ancrée dans la culture du Saguenay–Lac-Saint-Jean — et l’arrivée du dernier jour à Roberval est un événement local avec une vraie atmosphère.
Pour les non-nageurs, le week-end de la Traversée vaut la peine d’être dans la région pour l’ambiance lacustre plutôt que pour une installation touristique particulière.
Vélo-Cité du Lac-Saint-Jean : boucle de 256 km
Le circuit cyclable qui fait le tour du lac fait 256 km au total, suivant un mélange de pistes cyclables dédiées et de routes à faible circulation. Le terrain est plat — le bassin du lac n’a presque aucun dénivelé — ce qui le rend accessible aux cyclistes de tous niveaux. La boucle complète prend 3 à 5 jours ; la plupart des visiteurs en font des sections plutôt que le circuit complet.
La section entre Alma (la principale ville à l’extrémité est du lac) et Péribonka sur la rive nord traverse une campagne avec les vues sur le lac caractéristiques de la région. La rive ouest entre Roberval et Saint-Félicien dispose de la meilleure infrastructure cyclable et est la section la plus populaire.
Les bleuets : guide honnête
Les bleuets sauvages du Lac-Saint-Jean sont véritablement excellents — plus petits, plus intenses en saveur que les variétés cultivées, avec l’acidité spécifique des fruits boréaux poussant dans un sol sablonneux acide. La saison s’étend de fin juillet à fin août, culminant autour des deux premières semaines d’août. Des fermes de cueillette libre fonctionnent dans toute la région ; les panneaux en bord de route (bleuets à vendre) sont partout en saison. La tarte aux bleuets dans les restaurants régionaux à la fin de l’été vaut la peine d’être commandée.
Zoo de Saint-Félicien
Le Jardin zoologique de Saint-Félicien, sur la rive ouest, est l’un des zoos les plus intéressants du Québec — sa conception met les visiteurs dans des cages fermées tandis que les animaux se déplacent librement dans des habitats de forêt boréale reconstitués. L’approche du Parc Safari en sens inverse. Les grands animaux comprennent loups, orignaux, ours et oiseaux de proie. Approprié pour les familles et une demi-journée bien employée. Entrée environ 35 CAD adulte.
Pêche dans les tributaires
Les rivières alimentant le Lac-Saint-Jean depuis le sud et l’ouest — l’Ashuapmushuan, la Mistassini, la Péribonka — sont d’importantes rivières à saumon et à truite avec des permis de ZEC (zone d’exploitation contrôlée) disponibles pour les pêcheurs visiteurs. La Péribonka en particulier est l’une des rivières à saumon les plus réputées de la région, coulant claire et froide à travers la forêt boréale avant de se jeter dans la rive nord du lac.
Baignade estivale et plages
La rive sud du Lac-Saint-Jean entre Alma et Desbiens possède plusieurs plages municipales aux rivages sablonneux et à l’eau claire (20 à 22°C en juillet). La plage de Desbiens, à l’embouchure de la rivière Métabetchouane, est l’une des plus fréquentées. La ville de Péribonka sur la rive nord dispose également d’un accès public à la plage avec des conditions plus calmes que le lac ouvert.
Comment se déplacer autour du lac
Une voiture est indispensable. Le circuit routier (route 169 sur les rives ouest et sud, route 169 continuant autour du nord jusqu’à Alma) fait 256 km. Il n’y a pas de transport en commun reliant les communautés lacustres.
Distances utiles : Alma à Val-Jalbert (Chambord) : 50 km, 40 min. Alma à Saint-Félicien : 80 km, 1h. Saint-Félicien à Péribonka : 90 km, 1h15. Le circuit complet depuis Alma prend 3 à 4 heures de conduite sans arrêts.
Notes pratiques
Le circuit du Lac-Saint-Jean s’organise le plus naturellement depuis Saguenay comme base (Alma, la principale ville est, est à 50 km à l’ouest de Chicoutimi sur la route 170). Pour ceux qui viennent de Québec : la route 155 Nord depuis La Tuque rejoint la rive ouest ; ce trajet prend environ 3h depuis Québec.
Meilleurs mois : juillet-août pour les bleuets et la baignade en eau libre ; fin juillet pour l’atmosphère de la Traversée du lac ; début octobre pour le feuillage sur les approches des rivières et les forêts de bouleaux autour du lac.